Après Kédougou, la coalition syndicale a posé ses valises à Tambacounda pour expliquer les enjeux de la grève générale de 72 heures. Et donc la mobilisation s’intensifie pour le Front syndical pour la défense du travail. En perspective de cette grève générale, une délégation nationale a rencontré, ce mercredi 23 septembre 2026, les travailleurs venus très nombreux à la salle de délibération de la mairie de Tambacounda.
Face à la presse, Cheikh Diop chef de la délégation du FSDT fait savoir que « l’objectif de la tournée, c’est de sensibiliser, de faire passer le message de la coalition sur les difficultés que le mouvement syndical sénégalais est en train de vivre présentement ».
A l’en croire, « le défi lancé au mouvement syndical est un défi exceptionnel. Depuis la dévaluation, avec Ne touche pas à mon salaire, depuis lors, le mouvement syndical sénégalais n’a jamais été aussi éprouvé. Aujourd’hui, on est en train de remettre en cause des acquis essentiels pour le mouvement syndical sénégalais, des acquis qui touchent le code du travail, le code de la sécurité sociale, mais également un comportement qui ne respecte pas les engagements contenus dans le pacte de stabilité sociale, regrette le syndicaliste. Voilà les trois éléments qui, aujourd’hui, agitent le mouvement syndical sénégalais ».
Pour ce qui concerne le code du travail, Cheikh Diop souligne que « les autorités ont fait fi des règles du tripartisme. Ces règles, encadrées par la convention 144, ont fait que le Sénégal a mis en place un comité consultatif national du travail et de la sécurité sociale. Ce comité est régi par le tripartisme consacré par la convention 144. Ce comité est régi par le code du travail sénégalais actuel, la convention collective nationale interprofessionnelle. Donc, c’est un organe tripartite où l’Etat est représenté, les travailleurs sont représentés, mais le patronat aussi est représenté. Dans ce comité, tout texte, règlement, loi qui touche les relations professionnelles doit être soumis à ce comité. On nous avait soumis le code du travail et de la sécurité sociale. Les deux codes ont été soumis au comité consultatif national du travail. Nous y avons travaillé et nous avons eu un consensus, et nous avons envoyé le consensus sur les deux codes au niveau du gouvernement. Le gouvernement devrait transmettre le consensus à l’Assemblée nationale pour le vote. Si le gouvernement a des observations sur le consensus, il devait le faire et nous le retourner au niveau du comité consultatif national du travail. C’est ça que le gouvernement n’a pas fait. Il l’a transmis directement à l’Assemblée sans tenir compte du deuxième avis qu’on devait donner sur les réformes qu’ils ont introduites ».
Il poursuit en informant que « ces réformes touchent fondamentalement nos droits. Ils ont réformé le contrat à durée déterminée pour porter la durée de deux ans qu’on avait, renouvelable une fois. Ils l’ont porté à quatre ans renouvelable plusieurs fois. C’est inacceptable. Ils ont institutionnalisé le travail temporaire et le travail intérimaire ».
Après avoir écouté ses camarades de Tambacounda, Cheikh Diop dira que, « nous ferons face. Car, si on ne se défend pas, nous allons tous périr ».











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