Président du Conseil départemental de Goudiry et coordonnateur départemental de L’Apr, député et vice-président du groupe « Takku Wallu », Djimo Souaré vient de réussir une démonstration de force. Une assemblée générale qui a drainé une foule immense dans le plus vaste département du Sénégal, qu’il a toujours remporté, même au plus fort de la razzia « Pastef » aux législatives de novembre 2024.
Monsieur le Président, vous venez de tenir une AG à Goudiry qui a mobilisé une foule impressionnante. Quel est le message dans un contexte où l’APR a perdu presque partout ?
Le message est simple, et il est fort : Goudiry tient. Goudiry a toujours tenu. Ces dernières semaines, nous avons constaté des départs de maires vers la majorité présidentielle, mais la base reste solidement attachée à l’APR et son leader le Président Macky SALL.
En 2024, quand les bastions tombaient les uns après les autres, quand certains pensaient que la vague Pastef allait tout emporter, Goudiry a résisté. Pas par hasard mais plutôt par le travail, par l’ancrage, par la confiance construite dans la durée avec nos populations. Cette assemblée générale n’était pas un rassemblement de façade. C’était une famille qui se retrouve et qui jure qu’elle ne se démobilisera jamais. Les militants sont venus de Sinthiou Bocar Ali, de Kothiary, de Boynguel Bamba, de Koar, des quinze communes du département. Certains ont fait des heures de route sur des pistes. Ces gens-là ne se déplacent pas pour un discours. Ils se déplacent parce qu’ils ont des convictions fortes. Ce que Goudiry a démontré ce jour-là, c’est qu’une base militante solide, construite dans la proximité et le respect mutuel, résiste aux tempêtes politiques. C’est une leçon pour tout le parti. Goudiry n’est pas une exception, c’est un modèle. Et nous avons la responsabilité de le faire savoir, et de travailler ensemble à la reconstruction de l’Apr pour regagner la confiance des Sénégalais.
Justement, vous avez vous-même appelé à « reconstruire ou périr » pour l’APR après la double défaite de 2024. Comment comptez-vous, en tant que coordonnateur départemental, préparer la reconquête de 2029 ?
J’assume ces mots. Reconstruire ou périr. Ce n’est pas du catastrophisme, c’est un diagnostic lucide. Une formation politique qui perd deux scrutins majeurs en quelques mois et qui ne tire pas les leçons, c’est une formation politique qui se condamne elle-même. La première leçon, c’est celle-ci : l’indignation n’est pas un programme. On ne peut pas passer les cinq prochaines années à commenter le Pastef, à réagir à chaque déclaration de Sonko, et prétendre reconquérir le pays en 2029. Les Sénégalais ne votent pas contre quelqu’un, ils votent pour quelque chose. Notre travail, c’est d’être quelque chose. A Goudiry, nous l’appliquons déjà concrètement. Nous avons élargi notre base, intégré la jeunesse, renforcé notre lien avec la diaspora du Boundou qui est un acteur central du développement de ce territoire.
Pour 2029, l’APR doit revenir aux fondamentaux : le coût de la vie, l’emploi des jeunes, l’agriculture, l’élevage. Avec un programme clair, des engagements précis, une présence régulière sur le terrain. Mon ambition, sous le leadership de M. le Premier Sidiki Kaba, les responsables politiques comme Mame Balla LO et nos camarades de Koumpentoum, Tambacounda, Goudiry et Bakel, c’est de faire de Tambacounda et de Goudiry le laboratoire de cette APR nouvelle, une APR humble, qui capitalise sur son bilan réel en infrastructures, mais qui parle surtout du quotidien des Sénégalais, là où ils vivent, là où ils souffrent, là où ils espèrent.
Au-delà de la politique, vous portez depuis des années le plaidoyer pour Goudiry. Vous réclamez un commissariat, une préfecture, un plan spécial. Quel est aujourd’hui l’état de votre département ?
Goudiry, c’est plus de 17 000 km², le plus vaste département du Sénégal, à 65 kilomètres de la frontière malienne. Quand on dit ça, il faut que les gens comprennent ce que cela signifie concrètement : des distances immenses, des populations enclavées, des défis sécuritaires réels dans une zone sahélienne sous tension. Avec les programmes d’équité territoriale lancés par le Président Macky SALL, Goudiry a connu des avancées ces dernières années : pistes de productions, électrification rurale, la caserne des sapeurs-pompiers, le centre de formation professionnelle, l’amélioration de la couverture téléphonique… Ce sont des acquis, et il faut les nommer. Le Président Diomaye a annoncé un plan « Diomaye pour le développement du Sénégal Oriental », c’est une bonne direction. Mais Goudiry mérite plus. Et je le dis sans agressivité, je le dis parce que c’est la réalité du terrain. Il faut terminer le plan spécial de désenclavement avec ses 150 km de routes bitumées. Il faut réaliser l’axe Tambacounda-Diankemakhan-Kayan, désenclaver les communes de Komoti, Boutoucoufara, Sinthiou Bocar Ali, Sinthiou Mamadou Boubou, Bala, à travers l’axe Bala-Thiara-Bani Israël. Il faut finir le réseau de moyenne tension du projet Manantali entre Bokholako, Goudiry et Sinthiou Mamadou Boubou.
Il faut achever notre centre de santé de référence et le faire évoluer vers un hôpital de niveau 1, construire celui de Kothiary. Il faut un commissariat de police digne de ce nom pour une zone frontalière stratégique. Une présence renforcée des eaux et forêts dans un département qui abrite l’une des dernières biomasses significatives du Sénégal. Et il faut construire une préfecture, des sous-préfectures, des services déconcentrés dignes de la République.
Entretien réalisé par Boubacar D TAMBA












+ Commentaire