Nommé à la tête du Conseil de Surveillance de l’ANEC, il pilote avec le DG Matar Ndao la digitalisation et la politique de modernisation d’un service public des faits d’état civil pour des
millions de Sénégalais. Au cœur de la réforme de l’administration territoriale, l’Agence nationale de l’état civil du Sénégal, ANEC, change de gouvernance. Lors d’un Conseil des ministres, Monsieur Seydou TOUNKARA, greffier de profession, a été nommé Président du Conseil de Surveillance de l’ANEC en remplacement de Monsieur Samba SALL.
Placée sous la tutelle du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, l’agence est au centre d’un chantier prioritaire : sortir l’état civil sénégalais des lourdeurs du papier pour entrer dans l’ère du numérique.
Un juriste de terrain à la supervision. Greffier, Seydou Tounkara vient du monde judiciaire. Dans les tribunaux sénégalais, le greffier en chef est le garant de l’authenticité des actes et de la tenue des registres. C’est une expertise qui tombe à point nommé pour l’ANEC. Car le problème de l’état civil au Sénégal ne tient pas seulement aux délais : il tient aussi à la fiabilité. Actes fictifs, doublons, registres perdus ou détériorés… la liste des dysfonctionnements est longue.
En prenant la présidence du Conseil de Surveillance, M. Tounkara a pour mission de veiller à la bonne gouvernance de l’agence, de contrôler la gestion et de valider les orientations stratégiques définies avec le Directeur général, Monsieur Matar NDAO, ingénieur en management de projets. Les 3 chantiers prioritaires sous sa supervision depuis 2021, l’État du Sénégal a lancé un programme national de 18 milliards FCFA pour refondre l’état civil. Le Conseil de Surveillance doit en assurer le suivi. Trois axes structurent le travail :
- Numériser pour sécuriser.
L’objectif est clair : numériser 15 millions d’actes pour créer un Registre national de l’état civil interconnecté. Déjà, plus de 8 millions d’actes ont été versés dans le système. Résultat attendu : un citoyen de Tambacounda doit pouvoir retirer son extrait de naissance à Dakar, et vice-versa. Une convention a aussi été signée avec SENUM SA pour garantir l’hébergement souverain et la sécurisation des données.
- Dématérialiser pour rapprocher
Elles sont finies les longues files et les déplacements multiples. L’ANEC déploie :
Sama État civil, une plateforme pour demander, payer et recevoir ses extraits en ligne, la pré- déclaration en maternité. Un logiciel est en cours d’installation dans les structures sanitaires pour déclarer les naissances dès la source. L’annonce a été faite par le DG Matar NDAO à Ziguinchor. Avec 90 centres principaux déjà informatisés sur 266, la marche vers le 100% numérique est lancée.
- Déconcentrer pour être universel
Pour atteindre les populations les plus éloignées, le ministère mise sur la création de centres secondaires d’état civil dans les gros villages. L’idée est que plus aucun enfant ne grandisse sans acte de naissance, et donc sans accès à l’école, à la santé ou à la citoyenneté pleine.
Un enjeu de souveraineté et de citoyenneté : Pour le directeur général de l’ANEC, la numérisation va « permettre de régler les problèmes d’accès, de sécurisation, mais surtout les questions de responsabilité ».
Sous la supervision de Seydou Tounkara, le Conseil a donc un rôle clé, celui de s’assurer que cette transformation technologique rime aussi avec transparence et service public de qualité.
L’enjeu dépasse l’administration. Dans un pays où l’acte d’état civil est la première pièce d’identité, réussir ce pari, c’est garantir à chaque Sénégalais son droit d’exister officiellement.
Avec le profil rigoureux d’un technicien des procédures judiciaire à la présidence du Conseil et le profil technique d’un ingénieur à la direction générale, l’ANEC réunit les compétences pour réussir sa mutation. La tâche de Seydou Tounkara et de ses équipes est immense car elle consiste à bâtir un état civil fiable, accessible et moderne. C’est l’une des conditions pour que la vision « Sénégal 2050 », parte de la base, celle de l’identité de chaque citoyen.
Boubacar TAMBA






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