Le Sénégal doit créer des emplois pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail et qui pèsent sur les équilibres sociaux et économiques du pays. La question est encore agitée surtout après les récents événements malheureux qui ont fait une dizaine de morts. C’est ainsi que le président du conseil départemental de Tambacounda, Alassane Sina Cisskho, membre du haut conseil des collectivités territoriales, par ailleurs responsable politique au sein du Parti Socialiste (PS), s’est adressé à la presse locale pour livrer ses réflexions sur la question.
La rédaction de www.echoriental.com vous propose l’intégralité du texte du Président Alassane Sina Cissokho.
« La problématique de l’insertion et de l’emploi des jeunes est depuis des années un enjeu national et même mondial. Dans les pays africains au sud du Sahara comme le nôtre, du fait de nos structures démographiques, elle connaît une certaine acuité. C’est pour quoi force est de reconnaître que l’Etat du Sénégal de l’aube des indépendances à nos jours s’est évertué en vain à apporter les solutions idoines à cette lancinante et épineuse préoccupation qui, malheureusement demeure toujours la pierre d’achoppement et le talon d’Achille de toutes nos stratégies nationales de développement.
Il me plait ici de faire remarquer que depuis son avènement à la tête de la magistrature suprême en 2012, son excellence M. Macky Sall, président de la république a fait de cette question le point nodal de sa politique économique et sociale. Ainsi j’ose affirmer : jamais dans l’histoire de ce pays, la jeunesse n’a fait l’objet d’autant d’attention et de bienveillance que dans ces 10 dernières années. Différents outils de financement ont été mis en place, les structures d’accompagnement et d’appui aux jeunes se sont multipliées, l’éducation en général, la formation technique et professionnelle ont connu un essor certain relevant ainsi le niveau d’employabilité des jeunes de ce pays.
Malgré disais-je tous ces efforts, le chantier demeure encore vaste et même préoccupant. Qu’il me soit permis cependant de penser que la territorialisation des politiques publiques prônée par le président de la république et mise aujourd’hui en exergue augure de perspectives heureuses en termes de lutte contre le chômage des jeunes.
Il s’agit tout simplement à partir d’une volonté forte de promouvoir le développement territorial d’arriver à créer et développer des économies locales fortes et inclusives. A cet égard, notre région a des atouts certains, des potentialités immenses qu’il nous faut juste transformer en réalisations et faire ainsi de Tambacounda un véritable bassin d’emplois. A cet effet, je voudrais juste insister sur quelques points qui de mon point de vue pourraient éperonner et soutenir l’insertion et l’emploi des jeunes dans la région de Tambacounda :
– D’abord faire un fort plaidoyer pour la réalisation des projets structurants déjà validés et qui boosteraient considérablement l’activité économique et sociale de la région. Je pense particulièrement à l’achèvement du marché sous régional, à la réhabilitation du chemin de fer, à la réalisation du terminal à conteneurs et à la construction de l’Université du Sénégal Oriental et à l’extension de l’électrification rurale
– Veiller au bon fonctionnement des structures de représentation et d’encadrement de la jeunesse pour en faire de véritables courroies de transmission et d’information.
– Identifier les filières porteuses et à fort potentiel de valeur ajoutée notamment dans l’agriculture et l’artisanat et accompagner techniquement et financièrement les véritables acteurs de ces filières particulièrement les jeunes.
– Relever le niveau de formation des jeunes notamment en matière technique et professionnelle. C’est ainsi que nous avons, grâce au concours de l’ONG VIS, réhabilité le centre de formation et de perfectionnement artisanal de Missirah qui ouvrira très bientôt ces portes.
– Diversifier et élargir l’offre de formation technique et professionnelle à certains cercles d’éducation comme les daaras. Il me plait ici de signaler que nous venons juste d’achever la construction d’un daraa que nous voulons moderne à Tamba.
– Organiser le marché régional de l’emploi en identifiant et en accompagnant les chercheurs d’emploi, en répertoriant les entreprises de la place et les opportunités d’emploi qu’elles offrent et qui doivent être connues de tous, en veillant à ce que tout emploi donne droit à des revenus décents et en œuvrant pour une meilleure adéquation formation/ emploi.
Dans l’urgence, je propose aussi que dans chaque commune de la région une action d’intérêt communautaire à forte intensité de main d’œuvre soit identifiée et rapidement mise en œuvre.
Toutes ces mesures et pour assurer même leur pérennisations, devraient être validées par une étude globale sur la formation professionnelle et l’emploi dans le département. Nous nous engageons à la démarrer très bientôt car elle nous semble indispensable pour mieux connaitre les profils des demandeurs d’emploi, la structure démographique, l’offre de formation, les filières porteuses, les entreprises de la place, …….etc. bref mieux maîtriser le marché de l’emploi dans le département./-«












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