Les populations maliennes et sénégalaises des localités riveraines de la Falémé ont organisé une marche pacifique dimanche 1er mars 2020 à Kidira. Il s’agit pour le comité d’alerte et de veille, initiateur de la manifestation, d’alerter les deux Etats du Sénégal et du Mali, pour la sauvegarde de cet affluent du fleuve Sénégal.
Sur les pancartes des marcheurs, on pouvait lire : dégradation du fleuve, disparition faune et flore, dégradation des conditions de vie des populations, insécurité alimentaire. Il est également inscrit sur les banderoles, entre autres, « autorités, attention, dégagez les orpailleurs de la Falémé, sinon nous les dégagerons » ou encore « pour la protection de la Falémé, s’il le faut, nous donnerons nos vies ».
Arborant des brassards rouges, des bonnets en jaunes comme pour imiter les anciens guerriers du Boundou, les marcheurs ont bravé le soleil pour déposer un mémorandum à la sous préfecture de Bélé. Ils ont également traversé la frontière pour se rendre à Diboli et posé le même acte.
« Cette marche n’est que l’aboutissement d’une étape dans le combat que les riverains de la Falémé mènent, pour déguerpir les orpailleurs de cette rive. Elle est aussi l’aboutissement de différentes démarches et plaidoyers entrepris au niveau de l’autorité pour la sauvegarde de la ressource », peut-on lire dans le mémorandum remis.
« Nous voila réunis, sénégalais et maliens pour réitérer notre appel à nos deux chefs d’Etat, pour qu’ils usent de leur devoir régalien, pour booter enfin ces orpailleurs qui sont là entrain de polluer et d’anéantir ou même d’annihiler tous les programmes et projets que les deux Etats mènent au niveau de l’Omvs pour parvenir à la sécurité et à la sécurité alimentaire de ces populations », dit le comité d’alerte et de veille de la Falémé.
Dans un appel également remis à l’autorité, les initiateurs de la marche mentionnent, « constatant que des orpailleurs du Sénégal et de certains pays de la sous région, ont investi les berges de la Falémé avec l’utilisation d’imposants équipements et produits toxiques et qu’ils exploitent une main d’œuvre abondante dans la précarité et la promiscuité. Considérant plusieurs autres remarques faites, les activités d’orpaillage continuent, notent-ils.
Ils ont tenu tout de même à inviter les populations riveraines le long de ce fleuve, à la vigilance « et à se tenir debout pour stopper cet orpaillage sur cette berge de la Falémé ». Le comité appelle également les autorités des pays membres de l’Omvs riverains de la Falémé, pour entre autres, la mise en œuvre dans les meilleurs délais, de mesures vigoureuses, en vue du déguerpissement des orpailleurs sur tous les sites et ainsi éviter l’apparition de foyers de tension source d’instabilité et d’insécurité entre autochtones et orpailleurs le long des frontières des trois pays (Sénégal, Mali et Guinée), la mise en place d’une stratégie de sécurisation et de surveillance de la Falémé qui est une zone frontalière très poreuse et très sensible pour éviter toute récidive.
En outre, ils souhaitent « la mise en place d’un programme de revalorisation du lit et des berges de la Falémé pour l’accès à l’eau potable, l’agriculture, le maraîchage et l’élevage ».
A la fin de la marche du comité d’alerte et de veille de la Falémé, le sous-préfet de Bélé qui a promis de remettre à qui de droit, le mémorandum, a reconnu les difficultés générées par l’utilisation des ces produits (mercure, cyanure) par les orpailleurs. Seulement il a invité les populations a aidé l’Etat à faire face à cet orpaillage clandestine en dénonçant ceux qui s’installent sur ce fleuve. Aly Diéye Diouf Sous-préfet de Bélé de préciser qu’aucun orpailleur ne se trouve présentement dans le périmètre de sa circonscription. Une manière pour le comité, d’inviter les autres autorités, à pendre de telles dispositions.



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